Parle-moi. Dit-moi que tu es là, je t'en prie. Que faut-il que je fasse ? Je dois encore me déchirer ? Rassembler le peu de force qui me reste pour survivre à ton corps ? C'est à ça que je suis condamnée ? C'est à ça, Sophie ? J'ai trop de questions, tu n'es pas là pour y répondre je suis seule, seule et toujours seule ! J'ai perdu l'espoir de guérir. Elle ne peux pas m'aider. Elle est aussi mal. Pourquoi tu me fais ça ? Si tu m'aides, je t'aime. Si tu ne m'aides pas, je meurs. Coincée n'est même pas le bon terme. Mes mains, innocentes, tremblent. J'ai envie de te voir mais pourquoi te regarder pour t'aimer encore plus ? Pourquoi revenir pour pleurer ? Pourquoi tant de questions sans réponses ? Les gens crèvent de douleur, et vous, heureux et amoureux, vous nous laissez parce que vous pensez que c'est mieux de ne pas se voir. Je le sais, tu me diras que c'est faux mais tu le penses, je le sais, je le sais. Pourquoi me mentir de toute façon, tu arrêteras de me rassurer, je ferais tout pour ne pas t'observer et te croiser et je serais pourris de l'intérieur. Pourris de l'amour que j'ai pour toi. Quel est ce foutu fantasme à la con dont tu m'as parlé ? Il n'y a rien de tout cela. Forcément, je suis bien trop simple pour comprendre, alors, pour te satisfaire tu m'as crachée ça. Et je l'ai avalé. Oui je suis violente, oui je suis en colère. Je suis comme ça parce que tu ne me comprends plus, et tu ne m'as jamais compris. Tu as sentis la même chose une fois. Mais toi, tu as conclu. Tu as souffert mais maintenant ? maintenant ? Et bien tu es heureuse, ta vie à pris son envole depuis des années. Mais moi ? Ca fait quinze ans que je suis là à me demander pourquoi je reste là ? Pourquoi il ne m'arrive rien de beau ? Pourquoi je suis accablée par la souffrance de n'avoir jamais eu ce que je souhaite. Oui je parle au passé, tu n'aimes pas ? Je m'en fiche ! Souffre pour qu'à mon tour je puisse te montrer comment je suis. Je veux que tu souffres ! J'ai toujours souhaité ton bonheur, c'est vrai. Je le souhaite toujours, mais tu ne me connais pas, tu ne sais pas ce que je suis, je n'ai pas ta route et tu n'as pas la mienne, nous sommes séparées toutes les deux. Tu crois me comprendre. Moi je vis pour toi et tout ce que tu as su me répondre c'est que ces deux mois, insurmontables, seront bien pour moi. Bien pour moi ? Te rends tu comptes de ce que tu m'as dis ? Et je survis après cela. Je suis seule malgré leur amitié. Je suis morte malgré ma présence. J'ai peur de la suite. Que me diras-tu à présent ? Va au diable, Sophie ! Tu ne m'as jamais comprise. Je ne suis plus rien par ta faute, je te hais malgré tout l'amour sublime que je t'apporte et que tu caches pour ne pas avoir à faire à mon esprit tellement simple. C'est facile de se cacher sous l'indifférence, tu le fais tellement bien. Oh, oui ! Tu as tellement de talent et d'intelligence, je t'ai envié. Je t'envie toujours d'avoir eu le cran de m'affronter, d'avoir affronter la personne la plus horrible qui soit sur cette planète. Celle qui porte mon putain de nom, celle qui veut te revoir, qui aimerait que n'es jamais existée parce qu'elle croule sous l'indignité de ses pensées. Survivre ? C'est cela que tu me diras. Revivre ? C'est cela que tu veux pour moi ? Tu crois que tu es trop normal pour que l'on s'intéresse à toi ? Je viens te dire que tu te trompes, pourquoi m'interesserais-je à des personnes qui n'en valent pas la peine ? Même eux, j'aimerais qu'ils soient heureux, malgré tout l'égoïsme que j'ai pu créer. Mon dieu, Sophie, ne vois-tu dont rien ? Tout ce que j'ai pu t'écrire n'est rien comparé à mon amour. Merde, Sophie, merde ! Tu ne sais rien sur moi. Tu n'as même pas chercher à savoir ce qu'il y avait. Tu m'as demandé si ça allait ? Comment aurais-je pu tenir un tel discours devant tes yeux ? La honte m'aurait rongée et elle me ronge encore. J'ai honte de t'aimer parce que je ne vis plus. J'ai honte d'écrire ce que je fais, mais le nécessaire me l'oblige. Je suis en train de mourir parce que tu n'es pas là. Je suis en train de m'enfermer dans cette tête qui ne pense qu'à toi. Comme j'aimerais que tu connaisses cela pour qu'au moins tu me dises vraiment que ce que tu as connu est ce que je suis en train d'affronter. Si un jour tu m'aurais dit la vérité ? Mais tu ne m'as rien dit. Tu m'as menti. Je ne crois plus en l'amour malgré la persistence du mien. Comment, maintenant, vais-je sortir de ce trou qui ne cesse pas, qui continue de me laisser tomber de plus en plus vite. La vitesse m'écoeur. J'ai eu à peine le temps de t'apprendre, voila que ces jours sont terminés et que tu vis, alors, heureuse sans moi, puisque je ne suis plus ton fardeau, je ne suis plus ton inquiétude. Je souhaite ne jamais t'avoir connu, Sophie. Puisse la vie te montrer mon fardeau. Pourquoi il n'y a que moi ? Ne vois tu rien ? Je te repose cette question. Tu mouriras digne d'avoir cru me faire du bien. Je resterai devant toi, droite, malgré les branches de ce fardeau qui me transperceront le dos. Je resterai, pleurant pour toi. Pour toi ! Tu n'auras aucun signe de reconnaissance. Tu n'en auras jamais eu. Je me désintègre sans toi. Et je meurs avec toi. Comment sortir l'esprit trop simple qui me compose quand il n'est pas assez intelligent pour comprendre ? Tu ne m'aimes pas. Même pas une miette d'intention. Si, je suis quelqu'un parmis tant d'autre. Depuis le début, j'ai compris. Oui, j'ai un esprit trop simple, mais j'ai eu la force de mettre bout à bout pendant tout ces mois de douleurs les morceaux d'énigme et me voilà face à plus rien pour m'expliquer. Que vais-je faire sans toi ? Et que m'arrivera-t-il quand je serais à tes côtés ? Tu n'as jamais su répondre à cette question. Malheureusement, moi non plus. Et c'est ça qui fait que je te ressemble. Pourquoi dois-je avoir quelque chose en commun avec toi ? Cris-le moi pour qu'une fois pour toute je comprenne. Aide cette âme qui s'éteint. Je t'en supplie, Sophie. Ne me laisse pas mourir. Je suis trop attachée à toi pour cela. De toute façon, tu ne comprendras pas, tu ne peux pas comprendre, mon esprit est trop simple pour t'expliquer, les mots ne suffisent pas et tu vis de ça. Rien ne peut alors fonctionner. Va au diable !